Pas d’argent pour traverser la rade… Franchement ?!

On peux raisonnablement se poser la question au vu de l’état d’endettement de notre canton.


Mais on peut aussi se demander comment il est possible de caracoler au sommet de la compétition mondiale dans des domaines aussi importants que le négoce des matières premières, ou la banque privée, sans pouvoir se donner les moyens de se déplacer à peu près normalement et dans des temps raisonnables.


Le discours des opposants à la traversée de la rade se résume en deux points qui sont largement contestés par des études contradictoires. Le projet ne ferait qu’aggraver la circulation en « aspirant » les voitures et nous n’avons pas de financement.


Je ne m’attarderai pas sur le premier point qui ne tient évidemment pas la route. Le principe des axes structurants repris dans la LMCE permet au contraire de canaliser les flux afin de libérer les quartiers sans augmentation des transports individuels motorisés.
En revanche il me semble important de parler du financement car c’est bien ce point qui a fait capoter le projet de pont ou tunnel en 1996 par l’augmentation de l’impôt sur les véhicules à moteur.
Comme l’a révélé le débat occasionné par l’initiative dite des « vaches à lait » et la création du fonds FORTA, les automobilistes en ont assez de faire les frais d’une politique stigmatisante faite de brimades destinées à les décourager et les inciter à renoncer à leur mode de transport pourtant garanti par notre nouvelle constitution. Avec les résultats que l’on connait d’une sclérose généralisée dans notre ville.

Comme en 1988, lorsque les Genevois ont plébiscité le projet d’une traversée à près de 70%, les investisseurs seront très intéressés de participer à la réalisation de ce tunnel dont le rendement sera garanti par un usage intensif de l’ouvrage. Noe certaine fébrilité sur les marchés. Que ce soit en Suisse ou en Europe, les taux d’intérêt offrent peu de perspectives de remontée dans un proche avenir. Les investisseurs, qu’ils soient privés ou institutionnels, sont désespérément à la recherche d’autres formes de placement.

Et lorsqu’on découvre les montants que les banques sont capables de payer en aendes, on est en droit de se poser des questions.

Je n’ai pas le moindre doute sur la volonté des usagers de s’acquitter d’une taxe de passage largement amortie par le gain de temps réalisé. Les moyens technologiques actuels permettent de saisir électroniquement l’identité du détenteur du véhicule sans intervenir sur le flux et lui faire parvenir une facture mensuelle.
C’est une idée parmi tant d’autres, mais de grâce, qu’on ne vienne pas nous dire que Genève n’a pas les moyens. Et surtout il faudrait nous dire combien nous coûte le blocage permanent et toujours plus conséquent afin de relativiser l’importance de l’effort.

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