Le lit de Maya

Je suis un bricoleur. C’est notre père qui nous a insufflé ce trait en construisant presque seul notre maison et en nous permettant l’accès aux machines.

Je vais donc publier ici, dans le désordre, mes diverses créations qui sont essentiellement utilitaires. Pour moi l’art doit avoir une corrélation pratique. Ou plutôt, à l’inverse, les objets que nous utilisons quotidiennement méritent une personnalisation, une approche esthétique qui sublime le caractère purement fonctionnel afin d’optimiser notre capacité à jouir de chaque instant.

Je commence donc par la fin avec une de mes dernières idées qui m’est venue lorsque je suis tombé sur ces blocs de pierre taillée à la main.

Maya, ma fille qui m’a demandé de refaire sa chambre, était sceptique. Elle voulait du sobre et j’ai du virer la mezzanine que j’avais eu tant de plaisir à construire pour la petite fille qu’elle était.

Aujourd’hui elle a reçu tant de compliments qu’elle ne peut plus envisager de se défaire de son lit. Bonne chance à elle lors des divers déménagements, il pèse au moins 300 kg.

En premier lieu j’ai eu toute les peines du monde pour trouver des poutres de chêne sèches qui ne voileraient pas ou peu.

Antoine Tavernier de la société EVM s’est décarcassé pour chercher cette rareté, mais les prix faisaient exploser le budget à des montants déraisonnables.

C’est David Bonhomme qui m’a fait une offre irrésistible pour une énorme poutre de 7 mètres et de plus de 200 ans, pour 800.- Faîtière dans un vieux chalet.

J’ai du ronger mon frein pendant une semaine car un client qui était venu avant moi était intéressé par cet objet pour en faire un établi.

Au final, j’adore ces situations où le hasard décide.

David a renoncé à me facturer le transport et le débitage en deux pièces en raison du long travail dédié au nettoyage des clous.

Ensuite il a fallu trouver une scierie qui accepte de me la débiter et me la raboter. Je pense qu’il n’y a aujourd’hui personne qui accepte ce genre de travail.

Je remercie donc tout particulièrement Pierrot de la scierie de la Rippe qui a pris le risque de bousiller son matériel.

Je m’en suis sorti avec deux lames de rabot à 120.- et  200.- pour le travail qui impliquait une bonne heure passée par le patron pour enlever une centaine de clous. J’ai fini par en sortir encore une centaine avec trois heures de plus.

Entre-temps, je désespérais de trouver les pieds en pierre. Quelle ne fut pas ma surprise et mon bonheur de trouver ces quatre blocs taillés mains à la carrière de St Typhon dans le jardin du tailleur de pierres Cassani. Mon inconscient les avait enregistrées lors d’une première visite pour une cheminée (J’y reviendrai, c’est une autre création), l’idée était déjà en germination.

Isabelle Cassani m’a fait un prix et j’ai pu emporter ce trésor pour 1000.- 

J’ai passé pas mal de temps à enlever les restes de béton qui salissaient la base de ces pieds pour panneaux d’affichage.

La menuiserie Fabbi a découpé, raboté et poncé le dossier sur le champ pour 50.-


Le serrurier Antille, au Lignon, a usiné les fers plats qui soutiennent le dossier et le sommier pour 320.-


Deux sommiers à lattes de 80cm de chez IKEA m’ont fourni la base pour 160.-


Au total, je m’en sors donc à 3750.- sans les heures de travail (va sans dire) pour une création unique que j’ai le plaisir de partager avec vous en images.


Ma fille Maya est aux anges et frime un max auprès de ses copains.

Et moi, j’ai rencontré des gens exceptionnels et j’ai beaucoup appris de ces artisans.

 
Un grand merci à tous pour vos efforts.

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