Prendre le maquis ?

Dans l’Antipresse, Eric Werner nous a parlé de la forêt comme voie de traverse de la résistance en évoquant le « Traité du rebelle » d’Ernst Jünger.

Selon cet écrivain allemand, témoin des deux grandes guerres, il y aurait trois façons de résister au totalitarisme : La guerre, ou la guérilla et le terrorisme tyrannicide, l’évitement ou la fuite et le recours au forêts qui est une forme de fuite organisée, pensée.

Sa pensée semble avoir évolué et il décourage le recours à la violence contre la violence qui est un sacrifice inutile et dénonce la fuite comme un renoncement à la liberté. Certes le recours aux forêts ressemble bien à une fuite, mais il la considère comme un repli stratégique de la résistance au totalitarisme.

Seulement voilà… qui croit encore aujourd’hui qu’il pourra se cacher quelque part dans le monde ? C’est pourtant aussi ce que m’a suggéré un lecteur dans un commentaire sous ma vidéo qui a mystérieusement disparu avant même que je puisse le publier.

En substance il suggérait qu’il serait peut-être sain de ne plus recourir aux réseaux sociaux, comme ce blog ou YT où il a réagi, puisqu’ils sont contrôlés et les contenus censurés par des algorithmes.

Si ce n’est pas demain le veille que le monde sera équipé de cameras de surveillance comme à Pékin, il n’est déjà plus possible de « disparaître ». Même au fond d’une grotte un corps émet de la chaleur détectable. Et nous avons perdu la force et la connaissance qui nous permettraient de survivre dans un tel environnement.

J’en arrive donc à la conclusion que le meilleur, si ce n’est le seul, moyen de vivre caché c’est de se projeter en pleine lumière. Car toute tentative de résistance affichée, est monitorée et l’on devient très vite une cible visée par les algorithmes.

Cela implique une force morale rare qui permette de jouer le jeu sans être dupe pour tenter de changer ce qui peut et doit l’être de l’intérieur.

C’est d’ailleurs la réflexion que je me suis faite après mes quelques mois d’emprisonnement au pénitencier de Bellechasse pour refus de servir. Je n’ai jamais regretté mes choix et j’ai appris énormément en prison. Je pourrais presque dire que j’ai gagné du temps car l’expérience fut intense. Je suis arrivé à la conclusion que, si c’était à refaire, je graderais à l’armée pour mieux participer à la réforme de l’institution de l’intérieur.

Mais l’aventure est difficile. Combien se sont lancés en politique avec de nobles objectifs ? Combien de médecins, forts du serment d’Hippocrate, refusent aujourd’hui de soigner leurs patients avec des médicaments éprouvés ? Il semble que le simple fait de tremper dans un environnement hostile corrompt les meilleures natures.

C’est pourquoi j’ai choisi d’être cash et de rester fidèle à ma pensée en sachant que je serai grillé tôt ou tard. Alors sera-t’il temps de chercher un refuge et sauver ma peau.

3 commentaires sur « Prendre le maquis ? »

  1. Si je peux comprendre la crainte de s’exposer, notamment en venant ici, ou ailleurs, participer à la discussion, je pense que cette timidité est déplacée. Car nous vivons une époque charnière entre deux ères et chaque voix compte pour dessiner le monde de demain. Pour moi, l’essentiel consiste à être le plus sincère possible histoire de ne pas regretter par la suite. J’encourage donc ceux qui ont peur et qui se retiennent de venir ici, ne serait-ce qu’avec quelques mots, pour encourager les résistants et leur rappeler qu’ils ne sont pas si marginalisés que ce qu’on voudrait leur faire croire.

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